Lexicon Angel

Publié le dimanche  8 mars 2015
Mis à jour le jeudi  8 mars 2018

Histoire de France. À notre chère disparue

Lexicon Angel, le 1er décembre 2014


« Nous comparons ce que l’instituteur nous apporte avec ce que la prière peut nous apporter. Eh bien ! il nous apporte davantage. »

« C’est l’instituteur qui nous a appris à lire et c’est utile dans la vie. Il nous a appris à compter, ce qui est plus utile encore. »

Dès les premières lignes, on se dit qu’on a affaire à des “feuilles tombées” d’Europeana, une brève histoire du XXe siècle, ou plutôt de Galliceana, une brève histoire du XIXe siècle ; mais on reste sur ses gardes, on connaît l’habileté de Patrik Ourednik et cet auto-pastiche pourrait bien receler un double-fond. L’ouvrage est bref, on note bien sûr quelques différences avec Europeana : le point de vue est celui, plus personnel, de l’élève-citoyen et pas celui, parfaitement désincarné, de la “particule-panéliste”, c’est bien encore une conjonction de coordination qui articule ce curieux discours mais ce n’est plus le et des discours enfantins, c’est le mais de la dialectique, dialectique qui tourne à vide, comme autour de “tout est dans tout mais réciproquement”.

Et puis vient le dernier chapitre et on comprend qu’il n’y avait pas de double-fond, qu’il fallait tout prendre au pied de la lettre, en commençant par le titre, et, simplement, lire, qu’à sa façon si élégante, Patrik Ourednik venait de déposer sa contribution aux commémorations de la Grande Guerre en faisant entendre comme lui seul pouvait le faire ce “bruit parmi ceux d’un monde / où l’oiseau chantait / sur la pierre du seuil” (Jean Follain).